Petites histoires du Billard et du Baby-foot

Billard, Baby-foot, flipper et même machine à sous, tous ces jeux de bar ne vous sont évidemment pas inconnus mais ils ont une histoire bien différente. Rares sont les bars, clubs de jeux qui ne proposent pas ces divertissements à leurs habitués. Mais remonter le passé pour retrouver l’origine de ces jeux s’avère plus compliqué que prévu car plusieurs pays (France, Italie et Allemagne, sans oublier les Etats-Unis) revendiquent chacun ces inventions. En quelques lignes et sans prétention, nous allons essayer de retracer l’histoire du billard et du baby-foot et de leur incroyable essor !

Les historiens sont d’accord : l’ancêtre du billard est le croquet, ce jeu de plein air réservé aux nobles, qui se pratiquait avec des crosses et des billes en bois, sur une surface herbeuse délimitée par de petits murs en chanvre tressé (ancêtres du tapis vert et des bandes). Le terme billard (XIVè siècle), vient du gaulois et signifie « pièce de bois », ce bâton recourbé qui sert à pousser les billes. Deux raisons majeures ont contribué au développement des tables de billard. La première est le climat de France : les nobles voulant jouer au croquet quel que soit le temps auraient introduit une version du jeu en intérieur. La seconde est que le roi Louis XI (1423-1483), grand amateur de croquet mais souffrant énormément du dos, aurait demandé à son ébéniste une table pour jouer à hauteur d’homme… Dès 1630, Louis XIII fait installer 120 billards publics à Paris, comme alternative au jeu de paume et en 1674 parait « The compleat Gamester », le 1er règlement du billard.

Le jeu se popularise et à Paris on trouvait alors de nombreuses salles de billard où la foule venait voir jouer les « stars » locales, ainsi que des « académies » où maîtres et amateurs se produisaient en permanence. Il faut dire qu’à l’époque les règles n'étaient pas les mêmes et que le jeu mélangeait chance et tactique : en effet, les bandes n’étaient pas (encore) en caoutchouc (il faudra en attendre l’invention par Goodyear en 1839). A partir du XVIIIè siècle tout établissement bien tenu se devait d'en posséder plusieurs exemplaires, on en trouvait même dans les prisons ! C’est d’ailleurs en prison que François Mingaud (1771-1847) eut une idée de génie : un bout de cuir fixé à l’une des extrémités de la crosse lui permet de réaliser des coups surprenants. Il publie en 1827 le premier traité de billard « Noble jeu de billard - Coups extraordinaires et surprenants » dans lequel il explique le mécanisme du rendu des effets. Même le célèbre mathématicien Coriolis (celui de la force du même nom) mit en équation la complexité du phénomène ! Notons aussi au passage que la première charte décrivant les règles et les combines a vu le jour en 1807 ! Autre brevet d’importance : le celluloïd qui permit de remplacer l’ivoire des billes… Aujourd’ hui le billard a (re)conquis ses lettres de noblesse et le meuble a peu à peu trouvé sa place dans les salons des particuliers. Quant aux championnats du monde, masculins et féminins, ils suscitent un intérêt croissant...

Pour le baby-foot, la paternité est également contestée : certains l’attribuent à un employé français de chez Citroën, Lucien Rosengart, qui aurait conçu un jeu pour occuper ses petits-enfants un jour pluvieux ; d’autres à un suisse, M. Kicker, dont le nom de marque est encore aujourd’hui le nom générique de ce jeu en Allemagne, Suisse et Belgique. Enfin, certains affirment que le jeu a été élaboré outre-atlantique, pour la rééducation des soldats blessés aux mains. Comme les soldats américains y auraient pris goût, le baby-foot se serait ouvert aux joueurs valides, et porte aujourd’hui encore le nom de « foosball ». Quoi qu’il en soit, il semblerait que ce jeu ait été dans l’air du temps au début du XXè siècle et que le plus ancien brevet date de 1903.

Le but initial était de créer un jeu sur le principe du football avec les avantages du billard. Les silhouettes de joueurs apparaissent au Royaume-Uni en 1908 et différents modèles suivent. Les premiers baby furent d’abord construits dans une petite caisse en bois avec un fond en carton, des joueurs et des barres sortantes en bois. Les barres en métal sont apparues en 1948, les joueurs en plastique en 1955 et les pieds pliants en 1970. Mais quelle que soit sa forme, le principe reste globalement le même : une équipe marque un point lorsque la balle pénètre dans le but adverse. Après un but, l'engagement est effectué par l'équipe l'ayant encaissé au niveau des demis ou au niveau de la ligne médiane.

Parmi les fabricants leaders, citons la société française Bonzini qui construit des baby-foot depuis 1930. Très vite, cette machine se fait une place dans le marché des machines à monnayeur et s’implante en nombre dans les cafés vers les années 1960 avant d’être évincée par les consoles de jeux électroniques, les machines à sous et les flippers. On estime aujourd’hui à 40 000 le nombre de baby-foot en service dans les cafés, salle de jeux, clubs et associations. L’ITSF (International Table Soccer Federation) veille à l’harmonisation des règles officielles et à leur application lors des compétitions internationales ; elle tente également de faire reconnaître ce sport par le Comité International Olympique. Dire que dans les années soixante aux USA, le baby-foot était considéré comme un « jeu pour fille », car il n’était pas assez viril par rapport au football américain… Au passage, il est amusant de noter que 80% des baby-foot en service aux Etats-Unis sont importés d’Europe, alors que la majorité des machines à sous (qui sont nées vers les années 1887-91 à San Francisco et qui étaient destinées à occuper les femmes pendant que leurs maris jouaient au poker dans les saloon) qui équipent nos casinos terrestres en Europe sont produites aux Etats-Unis. Finalement, tout n’est qu’échange de bon procédé entre le vieux et le nouveau continent…

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